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Monsieur Ludan Andrès : Tailleur sur-mesure à Strasbourg

J’ai rencontré Ludan il y a quelques mois et son métier m’a beaucoup intéressée car des tailleurs sur-mesure à Strasbourg (même ailleurs), on n’en voit plus vraiment. En tout cas, de ma vie, je n’ai jamais été en contact avec un tailleur…

Afin de te partager au mieux l’expérience de la confection sur-mesure à Strasbourg, Ludan m’a permis de la vivre. Je vais donc te raconter tout ça mais en deux étapes. Il y beaucoup à dire, beaucoup de belles photos grâce à Miss Cycy (que je remercie encore d’avoir accepté de photographier cette expérience !) et je voudrais que tu en profites au mieux toi aussi.


Tout d’abord ce premier article te présentera Ludan, son parcours, son métier, sa façon de travailler. Dans un prochain article je te partagerai mon expérience à moi en tant que cliente de Ludan et les différentes étapes de la réalisation de ma veste sur-mesure.

PEUX-TU NOUS PARLER DE TA FORMATION INTIALE ? TU N’AS PAS TOUJOURS ETE TAILLEUR ?
Mon parcours scolaire est le suivant : bac ES, prépa HEC pendant 2 ans et 3 années de Sup de Co Marseille (Kedge aujourd’hui). J’ai été stagiaire à l’Olympique de Marseille sur la mise en place des 35h et j’ai la fierté d’avoir préparé un dossier qui a servi à d’autres clubs de Ligue 1 également. J’ai démarré mon activité professionnelle dans le conseil en organisation puis j’ai passé 13 années à La Poste sur diverses missions à responsabilités comme par exemple : accompagnement des décideurs, analyse et plans d’actions, dimensionnements de budgets.

POURQUOI AVOIR FAIT UNE RECONVERSION ?
J’ai suivi, il me semble tout ce que l’on attendait de moi (ce que la « norme sociale » met en avant) : BAC, études supérieures, puis je me suis fiancé, marié, j’ai acheté ma résidence principale et j’ai eu deux enfants, j’ai habité à Paris même pendant 15 ans. Mes temps de loisir étaient bien remplis… Et puis plus rien, tout était sur des rails, je voyais comment les 15, 20 prochaines années allaient se dérouler. Cette situation m’a gêné, je n’avais pas la sensation d’être heureux. Mon travail ne me prenait pas, je ne me réalisais pas !

Aussi, je me suis laissé porter par mes aspirations profondes et mon instinct. Et mon goût pour le vêtement s’est affirmé, et au-delà toute une éducation de gentilhomme, en harmonie avec son environnement. J’ai rencontré des artisans passionnés, j’ai testé leurs produits. Je me suis beaucoup documenté, je me suis formé à la couture puis au métier de tailleur (à la seule école en France, l’Association Formation Tailleur). Et à chaque étape, une opportunité se présentait.

Ma reconversion professionnelle est un projet de vie pour ma famille : nous avons déménagé en Alsace, mon épouse a trouvé un nouveau travail, mes enfants ont changé d’école et d’environnement de vie.

EN QUOI TON NOUVEAU METIER T’EPANOUIT ?
Mon métier m’épanouit car je l’invente chaque jour. C’est un métier d’ouverture à l’autre. Il s’agit de prendre en compte un besoin ; de proposer une expérience où mon client est acteur ; de l’accompagner dans ce voyage que j’ai entrepris il y a quelques années. Il y a une dimension gestion que j’aime bien également. Et le fait de se risquer, de ne pas savoir de quoi demain sera fait, incite à aller de l’avant, sortir de sa zone de confort, creuser plus profond en soi pour trouver des solutions.

Il y a de l’enthousiasme, une dynamique qui me plaît. Je m’épanouis car je suis résolument optimiste.


DECRIS-MOI TON METIER ?
Je propose à des hommes et des femmes de réaliser des vêtements sur-mesure. Il s’agit de ce que l’on appelle de la demi-mesure, c’est à dire que le vêtement n’est pas coupé et confectionné sur place par moi-même mais par un atelier partenaire. Ce sont principalement de costumes sur mesure, vestes sur mesure, chemises sur mesure, manteaux sur mesure et également des pantalons et gilets. Je propose également des accessoires sélectionnés auprès d’artisans ou ateliers qui ont retenu mon attention. Des cravates, notamment des grenadines de soie, mais également des cravates en laine, coton, roulotées à la main ; mais encore des pochettes en coton, soie, lin, roulotées à la main ; ou des mi-bas italiens et anglais ; et de la maille, une belle maison anglaise qui propose des cotons Sea Island et des laines mérinos 24 ou 30 gauge avec des coupes impeccables.

QU’APPORTES-TU AUX GENS A TRAVERS TON METIER ?
J’apporte avant tout une expérience sensorielle (se sentir beau, le beau est aussi important que la force et la sagesse) puis créatrice (je présente les différents tissus, les différentes coupes, les multiples combinaisons), enfin morphologique (ou l’on touche souvent au psychologique), tous les corps ont leurs spécificités et le vêtement peut le mettre en valeur en affirmant la personnalité de chacun. C’est un voyage qui prend du temps (des années) où se construit progressivement une garde robe, qui nous ressemble. Ce voyage vers son style propre est à mon sens autrement plus intéressant que de suivre la mode, qui par définition est changeante et repose sur des marques. Et je suis fier d’accompagner des clients depuis le lancement de mon activité il y a 2 ans.

QU’EST CE QUI TE PLAIT LE PLUS DANS TON METIER ?
Ce qui me plaît, c’est de voir mon client m’exprimer son impatience de voir son costume réalisé et de pouvoir l’essayer. Cette attente est saine et fait partie de l’histoire de son vêtement. Nous sommes trop habitués à obtenir tout de suite ce que nous désirons et une fois le désir assouvi l’intérêt pour l’objet s’éteint. Là, pour les costumes sur mesure ce n’est pas le cas. Puis il y a le regard porté sur l’objet au moment de l’essayage, en y allant fort c’est comme leur bébé !

POUR QUI TRAVAILLES-TU ?
Je suis capable d’habiller toute personne. Bien sûr les personnes qui ne trouvent pas de vêtement en prêt à porter viennent me voir. Egalement les futurs mariés et les personnes qui cherchent un vêtement pour une cérémonie particulière. Une personne qui porte le costume tous les jours peut être intéressé par mon offre. Il y a également les personnes qui sont très documentées sur le vêtement et qui cherchent un produit avec une qualité de façon et de coupe particulière.

J’aime habiller les personnes qui ont des métiers avec des uniformes ou pièces spéciales. Il faut leur trouver des tissus spécifiques, des couleurs en rapport avec leurs métiers, respecter les spécificités de leurs activités. C’est un challenge qui me plait.


LES CLIENTS TE COMPLIMENTENT J’IMAGINE, QUELLE REMARQUE T’A FAIT LE PLUS PLAISIR ?
Ce qui me fait plaisir c’est la confiance que mes clients me portent pour réaliser leurs vêtements et je ne souhaite en aucun cas la décevoir. J’ai apprécié la remarque d’un client qui était très fier d’être habillé en Ludan A (mon étiquette), et d’avoir vécu l’expérience Ludan Andrès… J’apprécie les retours que certains clients me font après avoir porté leurs vêtement : ils se sentent bien, attire le regard, prenne confiance en eux, se sentent comme porté à se tenir droit, se sentent protégés par leur vêtement, ont pu réaliser un vêtement unique qui leur correspond. Pour une veste de chasse mon client me dit que dès qu’il la porte, il est mis en avant.

L’envers de cette expérience c’est qu’il n’est pas aisé de revenir à du prêt à porter pour certaines pièces…


TU AS 2/3 LIGNES POUR DIRE QUE J’AURAIS PU OUBLIER DE TE DEMANDER 😉 

J’en ai déjà dit pas mal. Ce que je souhaiterai ajouter c’est à mon sens l’importance d’indépendants comme moi, qui représentent leur région, leur quartier.
Rendez-vous compte que dans les années 60 il y avait encore 800 tailleurs à Strasbourg et les 2 derniers (que j’ai accompagnés) ont fermé leurs ateliers l’année dernière en 2016.

Je suis sensible à la vie de quartier, au petits artisans, je respecte les grands groupes et m’en inspire également. Mais attention à ce qu’on appelle la Fast fashion : ce sont des vêtements de mauvaise qualité, teintés et traités chimiquement et dont les résidus de lavage ne sont pas traités dans centres de traitement des eaux. Leur process de fabrication détériore la planète en Inde particulièrement et ces vêtements n’ont aucune seconde vie possible, ils sont prévus pour être portés entre 5 à 10 fois.

j’y ajoute de mon commentaire pour valider à 100% la remarque de Ludan, mais sache que mes vêtements bas de gamme finissent dans la panier des chats, c’est un peu ma manière de leur donner une seconde vie 😉


J’espère que cette interview t’a donné envie d’en savoir plus sur Monsieur Ludan Andrès. En attendant mon article sur mon expérience du tailleur sur-mesure à Strasbourg, je te conseille d’aller faire un tour sur son site et ses réseaux sociaux.

Son site
Son compte instagram
Sa page Facebook
Son compte Twitter

Peut-être que tu as déjà eu des vêtements sur-mesure ? Ca te tenterait ? N’hésite pas à partager ton expérience en commentaire !




signature mathilde chamallow addict
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