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Comment j’ai évité une deuxième dépression post partum

On en entend parler de plus en plus, pas que se soit un effet de mode (on s’en passerait bien !). Mais les blogs ont ouvert la voie et les gens témoignent de plus en plus de cet état qui est très dur à vivre. J’en avait parlé ici et je vais vous en reparler dans ce post. Alors oui il va être long, parce que ce n’est pas simple d’être claire et concise sur un sujet aussi important, d’autant plus que l’émotion reste vive ! Pour vous remettre et bien comprendre qu’une dépression post partum (dpp) n’est pas un baby blues, voici quelques définitions issues d’Internet. Pour les non-mamans, lisez peut-être juste les définitions histoire de reconnaitre ce mal si un jour ça vous arrive. Mais peut-être pas le récit par la suite 😉

UNE DEPRESSION POST PARTUM C’EST QUOI ?
Contrairement au baby blues, la dépression post-partum est plus grave. Dans les cas les plus sévères, elle peut non seulement nuire à la mère, mais nuire aussi au développement du lien d’attachement entre elle et son bébé et réduire ses interactions avec lui. Le développement cognitif, social et affectif de son enfant pourrait même en être affecté.

– Caractérisée par des pleurs, de la tristesse, de la colère et de l’irritabilité face à son enfant, la dépression post-partum n’est pourtant pas une fatalité et peut être traitée efficacement grâce à un suivi médical adapté.

– Le traitement pourrait prévenir les cas de maltraitance des enfants qui, à 80% des cas se produisent dans le cadre familial.

QUELQUES SYMPTÔMES
Pour ma part je n’ai pas identifié cette dpp. J’ai (mal) vécu avec. Je me suis rendue compte un jour que c’était ça parce que je l’ai enfin lu ! Mais 2 ans après.

Dans mes symptômes par exemple, je m’occupais de mon fils, mais de manière automatique, je m’occupais de ses besoins primaires on va dire, pour tout ce qui était sentiments, c’était pas la peine. J’éprouvais tellement de sentiments différents, mais surtout de la colère, de la solitude, d’être perdue, que je n’arrivais pas à profiter de lui. J’étais tellement stressée que j’étais sans arrêt en colère et à cause de ça, les premiers mois c’est son papa qui le prenait pour les câlins. Impossible pour moi, il hurlait !

J’avais réellement des envies de meurtre, je voulais qu’il arrête de pleurer, je voulais ne plus entendre ça à longueur de journée. Je voulais tout quitter. Le laisser à son père et partir. Je culpabilisais d’avoir créé cette situation. Je l’avais voulu cet enfant et quoi ? C’était ingérable en fait !

On ne dormait pas, que quelques petites heures, réveillés toutes les heures justement. Pendant 3 ans…

Je ne voyais pas d’amélioration. Je ne savais pas quoi faire. Etre mère ça ne me plaisait pas du tout. Je ne me sentais pas mère. Mais pour rien au monde je n’aurais laissé quelqu’un lui faire du mal, mais j’étais une menace pour lui car j’étais à bout.

SE FAIRE AIDER, TROUVER LES BONNES PERSONNES
J’ai vu des médecins, des psychologues, des psychiatres, à qui j’ai dit que je voulais laisser mon enfant et partir. Que je voulais le faire taire, qu’il arrête de pleurer, que je me sentais agressée en permanence… Mais personne, aucun n’a réagit. Entre le généraliste qui voulait me filer des antidépresseurs, des somnifères et le psychiatre qui me prenait 70 euros pour 1/4 d’heure et qui me disait “on verra ça la prochaine fois” que je lui disais que je sentais que j’étais capable de faire du mal à mon fils… J’ai décidé de me débrouiller toute seule. ce qui n’empêche pas d’avoir souhaité et voulu en finir avec cette vie que je détestais. Avec mon mari surtout. Il a été d’un grand soutien. La famille, elle ne comprenait pas. Pour les grands-parents c’est impensable de se plaindre, ma mère elle, m’aidait mais elle est loin, mes frères et soeurs ne comprenaient pas, ils n’ont pas d’enfant, je me prenais des remarques désagréables.Et puis on n’ose pas dire vraiment ce qu’on ressent ! On me disait que je me plaignais tout le temps, que les autres mamans n’étaient pas comme ça, ce qui ne m’aidait pas du tout ! J’ai donc créé ce blog ! Pour avoir de l’aide extérieure. D’ailleurs si vous lisez les premiers posts ils sont très durs vis à vis de mon premier bébé. J’ai nuancé certaines positions, mais elles étaient à un moment telles et c’est important de les laisser en ligne car je sais que ça a déjà aidé d’autres mamans.

J’avais gardé un suivi en pointillé avec une psy qui était vraiment top. Je la voyais quand je me sentais mal. Et puis bébé s’est mis à parler et ça à tout changé ! Vraiment pouvoir mettre des mots sur les maux ça a été salvateur pour nous !

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PARCE QUE RIEN N’EST JAMAIS PAREIL
J’ai mis 5 ans à vouloir un autre enfant. 5 ans ou j’avais peur de revivre la même chose. Surtout qu’au début je n’ai pas compris que c’était moi qui n’avais pas bien géré la maternité. J’étais persuadée d’avoir le bébé le plus chiant du monde ! Et au contraire, bon il était quand même difficile avec son sommeil, mais voilà avec le stress à la maison difficile de lui en vouloir avec le recul. Après c’est un bébé, ça vis, ça pleure et on nous en met tellement plein la tête en idéalisant la maternité qu’on se prend un raz de marée en pleine face dès qu’il arrive ce bébé ! On n’est pas toutes comme ça, mais toutes les maternités sont différentes.

Après avoir décrété qu’il n’y avait aucune raison que ce deuxième bébé ne fasse pas ses nuits, c’était décidé. Puis je suis retournée à la maternité où j’ai accouché et les reprenant les mêmes étapes (qui j’avais oublié) il y a 5 ans, je me sentais de moins en moins à l’aise au niveau de toute la partie suivi et hospitalisation. C’est quand la sage-femme m’a demandé de rédiger mon souhait d’accouchement que j’ai des morceaux de souvenirs qui me sont revenus. Et que j’ai commencé à réfléchir. J’ai demandé si je pouvais plutôt écrire ce que je ne voulais pas ! Car de tout ce qui j’avais noté il y a 5 ans rien n’est arrivé ! D’ailleurs comment savoir ? C’est con je trouve de demander ce qu’on veut faire à notre accouchement. Bah écoutez je vais prendre un mojito avec une petite série TV et quand il sera décidé à pointer son nez, je ferai 2/3 respirations de chienne essoufflée et après quand vous vous en occuperez j’irais chercher un Mc Do, ok pour vous ? Allez vendu ! Pour bébé1 j’avais dis pas de péridurale (mais faut être maso ! On n’a pas inventé la péri pour faire beau !), j’avais dit un bain, non mais soyons réaliste, un bain. T’as vachement envie d’un bain quand ton ventre te défonce et que tu ne tiens pas en place de douleur, on est idiote parfois 😉 … enfin bref j’ai eu un déclenchement par deux fois et un bain de 30 secondes tellement je souffrais, j’ai perdu les eaux devant la baignoire et 5h après j’ai eu ma péridurale, je souffrais tellement qu’ils ont dû me porter pour m’asseoir !

Bref j’ai noté dans mes envies pour mon deuxième accouchement : Me fiche la paix ! C’est tout ! Etre là quand je demande et ne pas venir quand je ne demande rien.

EN PARLER
Et donc j’ai vu mon gynécologue et je lui ai dit que je n’étais pas sûre de vouloir accoucher dans sa maternité, trop de mauvais souvenirs ! Il a souhaité que je vois la responsable des sages-femmes pour savoir ce qui n’avait pas été, histoire de s’améliorer. Alors je l’ai vue. Et elle m’a demandé ce que je me souvenais de mon accouchement. Je lui ai donc dis que j’avais eu mal, que c’était long, mais voilà sûrement un accouchement normal. Et en fait devant son ordinateur, elle me regarde et me dit qu’en fait ce n’avais pas été aussi simple. Qu’elle a un compte rendu plus détaillé et que tout ne s’est pas bien passé.

Et je me souviens qu’effectivement le bébé était resté coincé en sortant et que la sage-femme avait dû m’appuyer sur le ventre pour le faire sortir. Je me souviens même que ses pieds ne touchaient plus le sol ! Et la sage-femme responsable me demande ce que j’ai pensé quand on m’a mis le bébé sur le ventre à ce moment. On me l’a laissé que quelque secondes. Il était en souffrance et a dû être oxygéné. Et je ne l’ai revu que plusieurs heures après. On me l’a pris ! Et je réfléchis et tout me reviens en pleine tête. Et j’ose pas le dire parce que je sais que je vais pleurer, j’ai pas envie de pleurer devant elle, je la connais pas. Alors je lui dis que je ne l’aime pas parce qu’elle va me faire pleurer. Elle me dit que c’est pas grave, qu’elle veut que je dépasse ça pour réussir à faire une deuxième grossesse sereine et éviter une autre dépression post partum. Car en faire une n’évite pas d’en refaire une deuxième, au contraire. Je lui dis donc en pleurs, que la première chose que j’ai dite en voyant le bébé posé sur moi, sans mouvement c’est : il est mort. Elle me reprend et me dit, vous imaginez le choc que vous venez de subir, à cet instant. Vous portez cet enfant 9 mois, vous accouchez, c’est dur, vous souffrez, on vous le donne et dans votre tête on vous pose un enfant mort. Alors oui effectivement je me rends compte qu’il à un peu plus de 5 ans je me suis pris un putain de choc pour une maman et que je l’ai enfoui bien bien profond et qu’elle, la méchante sage-femme me fait en parler.

NE PAS CULPABILISER
Mais comme je la remercie pour ça ! Le plus hallucinant dans tout ça c’est qu’elle n’a pas trouvé le souci, elle m’a laissé le chercher. Il était là depuis des années et je voulais pas le faire remonter. Alors j’ai pleuré mais j’ai senti que j’étais soulagée. Mais voilà avec ce nouveau bébé si tout se passe bien, alors je vais m’en vouloir pour les années mal passées avec le premier. Elle m’a expliqué que justement ce que j’ai construit avec mon grand est à nous, c’est notre histoire, que c’est tout aussi important. J’aurais aimé avoir de l’aide dès le début pour éviter de mal lui parler, de le maltraiter parfois, je m’en veux toujours autant mais je vis avec, je ne le minimise pas.

Pour elle, mon accouchement était à risque pour le bébé et psychologiquement. Les sages-femmes présentes auraient dû mentionner le stress post-accouchement pour avoir un suivi par la suite. Elle reconnait qu’ils sont responsables de cette dépression, parce qu’ils ont laissé de côté le psychologique.

TOUT REFAIRE DIFFEREMENT
J’ai accouché ailleurs, avec un autre médecin. Tout s’est parfaitement passé. J’ai dû décider d’une césarienne, je pensais pas que j’allais devoir y passer. J’envisageais tellement pas qu’il se mette en siège ! J’ai fait toutes les démarches pour valider le passage en siège et c’était gérable. Le gynéco était ok. Je voulais le passer en voie basse, et j’ai remémoré mes souvenirs et je me suis dis qu’il faudrait être sacrément conne pour me créer une nouvelle situation à risque. J’ai bien réfléchi et pour le bien du bébé j’ai demandé une césarienne, je flippais pourtant, je déteste les ouvertures dans le corps ! Et pour rien au monde je changerais ce choix ! Je voulais que tout soit différent, tout l’a été, j’ai tout mis en oeuvre pour ne pas revivre la même chose. Et enfin depuis la naissance du deuxième je me sens maman. Je suis une maman pour mes deux petits gars.

signature mathilde chamallow addict
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7 Commentaires

  • Répondre Larouetournepourmlleludivine à

    J ai vécu ce que tu décris pour mes deux garçons mais je ne savais pas ce que c était d’ailleurs je suis encore en plien dedans … parfois j ai juste envie de partir loin c est horrible de dire ça mais je suis fatiguée stressée et je n ai plus du tout de patience … enfin bref je vais pas me plaindre et te saper le moral. J essaie de me reprendre en main dépasser tout ça et d’ailleurs j ai un blog aussi.
    En tout cas très bon article.

    • Répondre Mathilde Cherry Fizz à

      Merci ! C’est sacrément une galère cette situation. Il faut te faire aider autant que tu peux. Je sais que c’est facile à dire parce que parfois on n’a pas de proches vers soi. Mais même aller faire des activités, les mettre à la garderie, à l’école et ne pas culpabiliser ! Bon courage ! J’espère que tu vas réussir à reprendre ta vie en main pour être heureuse avec tes petits monstres 😉
      A bientôt.

  • Répondre syle à

    C’est tellement fort tout ce que tu écris ! Je t’embrasse jolie maman, toi et tes gars !

    • Répondre Mathilde Cherry Fizz à

      T’as eu le courage de tout lire 😉 Merci <3

  • Répondre sophie mum à

    je n’ai pas eu de dépression après ma fille, je n’ai pas eu le temps de déprimer je pense pour l’arrivé de ma fille ma vie était déjà déprimante comme ça séparation, me retrouver seule plus une thune car vive le mariage sous la communauté enfin ma fille ma grave aider ma donné des ailes et en y pensant je suis fière de moi, de ma fille, de nous 😉

    • Répondre Mathilde Cherry Fizz à

      Coucou ! C’est sûr qu’on part pas des mêmes histoires. Mon mari était aussi en plein divorce, je me faisais harceler, bref… mis tout ça bout à bout je mettais tellement d’espoir dans cette maternité et au final je n’ai pas pu profiter. Effectivement heureusement que tu l’avais ta fille et elle t’as aidé à avancer ! Je le voyais tellement comme un étranger dans ma vie que je ne voyais pas tout ça !

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