Humeur

Pression, dépression et décompression

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Gérer son entreprise quand on est à son compte c’est grandir avec son “bébé”, le faire évoluer.

Etre mariée/en couple, c’est grandir et avancer à deux.

Etre maman, c’est faire don de soi, n’être plus jamais seule et faire grandir un petit être. Lui donner le meilleur afin qu’il puisse faire ses propres choix plus tard. Mais en temps réel, c’est veiller sur lui, le nourrir, vérifier qu’on s’occupe bien de lui, qu’il est heureux, qu’il grandit bien. Pour le plus grand c’est pareil, veiller à ce que tout se passe bien à l’école, qui grandisse bien, qu’il développe ses capacités afin d’être heureux dans son enfance. C’est de l’inquiétude, du stress, une sérénité envolée !

Je vous dis ça parce que si vous relisez tout ça en terme de quantité d’investissement, vous vous rendrez compte que c’est un boulot monstre, mais à certains/certaines je ne l’apprends pas. Du dévouement, des sacrifices, des angoisses, du travail tard le soir et les week-ends, du partage, du temps encore et toujours du temps, prenant en compte toutes ces personnes autour de nous, qui ne sont pas nous, mais bien des êtres uniques mais qui dépendent ou gravitent autour de nous.

On voudrait être parfait, mais c’est un truc de licorne ça !

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Je vous avais déjà raconté ma dépression post partum, comment j’ai voulu tout quitter, tellement le choc de devenir maman a été violent et je n’ai pas compris ce qui se passait. Puis 5 ans après nous avons décidé de refaire un bébé, le temps de digérer et d’accepter. Parler avec des psychologues pour comprendre pourquoi je me suis sentie si agressée à la naissance de mon bébé et me rendre compte maintenant qu’en fait (en dehors des trucs chiants comme les nuits, les dents, les bébés qui ne font pas de siestes…) c’est vraiment adorable les bébés et c’est beaucoup de bonheur (et de fatigue !), sauf que maintenant je regrette de ne pas avoir eu ça avec le grand. Bref on est jamais content !

Je suis donc à mon compte depuis 9 ans en tant que graphiste à Cherry Fizz et cette année 2015 j’ai été enceinte et j’ai accouché en septembre. J’ai pris un peu de repos pour m’occuper de mon bébé, mais j’ai dû arrêter complètement de travailler à peine un mois. Je ne peux pas me permettre de ne plus exister sur le marché du travail car je serais automatiquement remplacée. Nous avons eu quelques ennuis de santé avec notre bébé et j’ai dû différer la reprise à fond dans mon entreprise. Mon mari a dû aussi prendre des jours de congés pour me laisser un peu avancer tout de même. J’avais des soucis de crèche et j’ai dû garder notre bébé avec moi. Un bébé de 3 mois qui ne fait pas de siestes n’est pas un bon allié pour ton travail ! Et surtout je n’ai pas vocation à être mère au foyer à 100%. Je veux travailler ET élever mes enfants ! J’ai la chance que mon profil professionnel me le permette.

Puis février tout était réglé. Sauf que ma boite n’avançait pas du tout. En freelance, on a toujours des hauts et des bas, depuis 9 ans c’est comme ça. Mais aussi long je n’ai jamais eu ! C’est la première fois et la perspective 2 enfants + 0 revenus complémentaires + de ma part + dettes + crédits est super angoissante. Nous vivons avec le salaire de mon mari pour 4. Je dois aussi payer mes charges en N-1. Je ne peux pas. Le peu que j’ai eu en indemnités maternité à servi à payer les cotisations pros N-1 d’avant 😉 Oui c’est sans fin !

J’ai l’impression de ne rien faire, de n’être bonne à rien. Ma boite ne tourne pas, mais pourquoi ? J’ai pas mal de retour, certains collègues sont dans le même cas alors je me dis qu’une part n’est pas dû à moi. Après peut-être que ne n’ai rien à voir là dedans. Mais pour autant je ne peux pas rester les bras croisés ! Je cherche à rentrer de l’argent, à me diversifier, à me faire encore plus connaître, c’est un travail sans fin ! Ca demande beaucoup d’énergie et de temps ! J’ai mon fils à mi-temps avec moi. Je concentre tous mes efforts sur des demies-journées, des soirées, des début de nuits et des week-ends entre marchés aux puces et balades pour profiter quand même de ma famille si je le peux. Se sont aussi des ballades sans moi, pour que je puisse profiter d’un peu de calme pour avancer dans mon travail. Je le fais parce que je me mets un cadre afin de bien travailler, mais c’est difficile de laisser ma famille pour ça.

Et puis sans s’en rendre compte les proches, la famille te mettent la pression quand même. Alors ça va mieux ta boite ? Ca avance tes projets ? Tu arrives à rentrer de l’argent ? Répondre non ça fait franchement chier ! Mais je vais pas mentir non plus. J’ai préféré avouer à mes proches et moins proches que j’avais des problèmes avec ma boite. On en prend un coup dans son estime de soi, mais on peut recevoir de l’aide à côté de ça. Comment les gens peuvent vous aider si vous ne leur dites pas que ça ne va pas ?

Je voudrais que mes efforts paient. 5 mois que je me défonce pour prouver que je ne suis pas inutile. Mes amis sont gentils, ils me disent que je ne suis pas inutile, que mes enfants comptent sur moi. Que je prends la moitié de ma semaine de travail pour m’occuper de mon bébé, pour qu’il soit avec moi plutôt qu’avec des nounous, que je prends mon mercredi après midi pour garder le grand et essayer de trouver 1h ou 2 pour faire quelque chose qui lui plaît. Que même si mes soirées passées dans des afterworks de boulot, que même mes tas de CV envoyés et lettre de motivation restent sans réponse, je ne fais pas rien. Ce qui est dur surtout c’est d’admettre qu’on n’a pas de superpouvoirs ! A un moment on ne peut pas TOUT faire !

Je le sais dans le fond que je fais un boulot de malade ! Que je dors 6h par nuit ce qui est tout à fait honorable je suis d’accord, mais que je passe mes matinées jusqu’à 13h30 avec mon bébé et qu’une fois déposé à la crèche? (pour ceux qui n’ont pas encore d’enfants ou qui n’en veulent pas, en gros garder un gamin, plusieurs heures ça te vide complètement ! Quand mon mari reste une journée avec lui il se rend compte de l’énergie impressionnante que cela demande.) Je profite de mes 3h30 de liberté pour m’envoyer le plus de boulot possible, répondre aux emails, faire des devis, rappeler les clients. A 17h30 je récupère le grand à l’école, à 18h le petit à la crèche. Parfois il y a piscine, je dépose, je rentre, je bosse, je repars… Je leur fais à manger. Papa gère les devoirs, supervise la douche. Et qu’enfin à 20h30 quand tout le monde est couché, je me pose 1h pour manger une bricole et à 21h30 je suis sur mon ordinateur pour avancer encore le plus possible jusqu’à ce que je me force à éteindre vers 1h/1h30 car je sais que le lendemain je ne pourrai pas assurer avec bébé s’il ne fait pas sa 1/2h de sieste… Ce rythme est éprouvant mais je veux tout réussir !

Je veux être une bonne maman pour mes deux garçons, une bonne cheffe d’entreprise, quitte à parfois sacrifier le côté épouse. C’est mal je sais. Personne ne me met la pression. Enfin si les impôts 😉 Je pourrai très bien vivre comme ça et ne pas gagner d’argent, mais je souhaite garder mon niveau de vie et pouvoir assurer un bon cadre de vie à mes enfants.

Et le pire avec tout ça, c’est que même en ayant un planning plus que complet, des nuits à rallonge, j’arrive encore à accepter plus de travail, plus de soirées boulot, trouver à peine de temps pour maquiller les gosses à la kermesse. Juste pour faire plaisir à mon fils.

Je me rappelle qu’à la fin de ma grossesse j’étais dans le même état de pression. Un bébé à faire naître et je devais finir tous mes boulots en cours pour préparer mes clients à ma pause. J’étais taquet, speed de chez speed. La sage-femme que me suivait m’a forcée à prendre du temps pour moi, juste 1h par semaine par exemple. Elle me disait d’ajouter une chose que j’avais envie de faire dans mon planning et de m’y tenir ! Même si j’avais du boulot qui se rajoutait.

Il faut prendre du temps pour soi sans culpabiliser quand on a tendance à vouloir tout maîtriser et être à la hauteur de la pression qu’on s’est fixé ! Parfois lâcher du leste. Accepter de ne pas faire quelque chose, de demander de l’aide. Je sais pas vous, moi je n’aime pas trop ça. J’ai l’impression d’avoir échoué quelque part. Mais parfois je me force et il faut faire preuve de détachement pour son propre bien. Sinon comment prendre soin des gens qu’on aime si on va mal ?

signature mathilde chamallow addict
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